Allergie cutanée au nickel dans une boulangerie : une source inattendue…

par | 14 février 2022 | Actualités, Toxicologie

Le nickel est un métal très répandu mais également un allergène fréquemment rencontré. Il est responsable de dermites de contact allergiques et d’urticaires de contact.
Les investigations menées par une toxicologue de l’ASTI dans une boulangerie avaient pour objectif d’identifier les sources de nickel afin de permettre le maintien dans l’emploi d’une salariée sensibilisée.

 

Détecter une allergie professionnelle au nickel

Quelle démarche mettre en place ?

Les différents objets et surfaces professionnelles susceptibles d’être en contact avec la peau de la salariée sont testés.
Pour cela, le kit de détection du nickel à base de dimethylglyoxime, disponible dans le commerce, est utilisé. Il détecte des quantités significatives de nickel (10 parts/million), le seuil de sensibilité des patients allergiques s’élevant à 11 ppm. Toutefois, certains patients présentant un terrain fortement allergique réagissent aux objets libérant des quantités en dessous de ce seuil de 10 ppm.

En présence de nickel, le dimethylglyoxime donne un sel insoluble de couleur rosée.

Analyse des ustensiles et des surfaces professionnelles

    Les outils et surfaces professionnelles ont été testés négativement car composés principalement d’aluminium, d’émail ou de téflon.

    Seuls quelques ustensiles en acier inoxydable ont donné un résultat positif : ciseaux, pelle-pomme… 

    Quelques éléments ont donné des résultats équivoques (présence possible de nickel en dessous de 10ppm) : le présentoir de journaux, le dérouleur de papier, les moules à gâteaux et tartes… 

    Analyse des produits détergents

    Certains détergents pouvant contenir du nickel, les produits de nettoyage des mains et de plonge (détergent plonge manuel) ont été testés.

    Au contact du liquide de plonge pur, aucun virage de couleur du dimethylglyoxime n’est constaté par la toxicologue. Ce liquide dilué est mis à disposition des salariés grâce un distributeur. Un résultat légèrement positif (coloration rose pâle) est alors observé.
    Il est probable que la faible teneur en nickel provienne du matériau constituant l’intérieur du distributeur en contact avec le liquide de plonge.

    Si les cas d’allergie cutanée professionnelle au nickel ne sont pas rares, la source d’exposition identifiée au cours de cette étude dans une boulangerie est toutefois inattendue. 

     

    Cette intervention sera présentée par Murielle Sellin, chimiste-toxicologue à l’ASTI, sous la forme d’un poster lors du 36è Congrès National de Médecine & Santé au Travail, le jeudi 16 juin, de 15h30 à 16h15.

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